De la taxe sur les créateurs au vrai danger de l'Affaire CAMCIS: Paroles d expert

Avr 9, 2026 - 17:01
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De la taxe sur les créateurs au vrai danger de l'Affaire CAMCIS: Paroles d expert

Vous avez été très nombreux à me relancer concernant mon Mémorandum du 20 janvier adressé au MINFI sur la fiscalité du numérique. Petit point de situation.

L'État a bien reçu le message. La Direction Générale des Impôts m'a même invité à une séance de travail le 12 février pour en discuter. Le problème ? Dans un pays qui prêche le "tout digital", notre administration m'a expédié cette convocation urgente... par la poste classique. Résultat des courses : lettre reçue le jour même de la réunion.

Donc non, je n'ai pas fui le dialogue. C'est simplement la conséquence d'une logistique d'un autre siècle. Le dossier reste ouvert, et je suis dispo dès qu'ils auront découvert l'existence de l'e-mail.

Mais depuis ce 1er avril 2026, un deuxième front s'est ouvert. Et là, on ne rigole plus. Il ne s'agit plus juste de taxer des freelances, il s'agit de siphoner les données de chaque Camerounais.

Pendant qu'on attend un vrai dialogue, la plateforme douanière CAMCIS a été activée. L'heure n'est plus aux réunions en salle fermée. C'est une urgence absolue de sécurité nationale.

LETTRE OUVERTE : CAMCIS – L'Urgence d'une Architecture Sécurisée.

Depuis le 1er avril, dédouaner son téléphone via CAMCIS est devenu obligatoire. Tout le monde crie sur le coût de la vie, mais on rate le vrai danger : l'État vient d'allumer le plus gros aspirateur à données personnelles (IMEI + Numéro + CNI + Mobile Money) de l'histoire du pays.

En tant que CEO de Ma'a Suh LLC et expert en Cybersécurité, mon job n'est pas de dire à l'État de ne pas prendre ses impôts. Mon job, c'est de tirer la sonnette d'alarme quand l'architecture technique est dangereuse.

Prendre les données critiques de millions de citoyens et les stocker "en clair", ce n'est pas de l'innovation. C'est une vulnérabilité géante.

Voici 3 propositions techniques immédiates de Ma'a Suh LLC pour que l'État prenne son argent sans sacrifier notre sécurité :

1. Séparer la taxe de l'identité

Regardez ce qui se fait de mieux (le RGPD en Europe, ou même le Rwanda). La taxe se prélève à la source : chez les grossistes et au port. L'État encaisse, et on n'a pas besoin de fliquer le consommateur final. Taxer un citoyen ne justifie pas de le profiler.

2. Passer au "Zero-Knowledge" (Zéro Connaissance)

Techniquement, l'État n'a PAS besoin de stocker votre IMEI et votre numéro dans une base de données. En ingénierie moderne, on utilise le Hachage. Le système génère un jeton crypté qui dit juste : "Ce téléphone a payé sa taxe". Si des hackers piratent le serveur demain, ils ne trouveront qu'une bouillie de codes illisibles. L'identité des millions de Camerounais reste protégée.

3. Un audit "Red Team" indépendant

Le système tourne déjà ? Très bien. Mais l'État doit immédiatement autoriser un comité d'experts en cybersécurité camerounais (une Red Team) à attaquer la plateforme pour tester ses failles. On doit s'assurer que ces serveurs sont à l'abri des fuites de données et des ransomwares.

La dématérialisation, c'est l'avenir. C'est l'infrastructure que nous déployons au quotidien pour nos partenaires en B2B. Mais on ne bâtit pas la transformation numérique d'une nation sur des architectures passoires.

L'innovation technologique doit protéger le Camerounais, pas juste le taxer.

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