Révision constitutionnelle : Des mouvements attendus

Avr 6, 2026 - 13:10
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Révision constitutionnelle :  Des mouvements attendus
Révision constitutionnelle :  Des mouvements attendus

La modification de la constitution est finalement passée le 4 avril dernier comme du couteau dans du beurre. Le Sénat et l’Assemblée nationale avec 200 voix sur 222 votants, ont conjointement décidé d’adopter cette modification qui globalement instaure un poste de vice-président nommé par le chef de l’Etat en poste et apte à le succéder en cas de vacance de poste. Ce qui retire de cette fonction le président du Sénat. Le nouveau vice-président aura aussi la tâche de poursuivre jusqu’à terme le mandat du président en cas de décès ou de démission.

 Ces modifications sont passés comme une lettre à la poste. Elle déroge de la précédente modification constitutionnelle qui s’était déroulée dans une ambiance tendue. La tension découlant du fait que le mandat présidentiel, anciennement limité à un mandat de cinq ans renouvelable une fois, avait été modifié en un mandat de sept ans renouvelable autant de fois possible. Il s’en était suivi des mouvements de débrayages qui avaient même failli embraser le pays, nul n’était la sortie en force des forces de défense pour restaurer l’ordre. Cette fois, un peu comme s’il avaient le couteau sous la gorge, les acteurs sociaux et politiques se sont abstenus des tensions fortes, se limitant tout au plus à quelques sorties médiatiques.

La bataille ouverte

Dans les faits le poste de vice-président désormais acté devrait faire bouger les lignes politiques. Dans les différents camps, la bataille pour occuper cette fonction stratégique devient pour certains barons de la République comme une opération de survie. Le maître du jeu demeure comme à chaque fois, le président Paul Biya, qui du haut de ses 94 ans, va décider de l’avenir politique du Cameroun comme l’ancien président Ahmadou Ahidjo, avait décidé en 1982, de l’avenir des 40 prochaines années du pays en imposant Paul Biya comme son successeur constitutionnel.

Bouleversements attendus ?

Dans l’ensemble, Paul Biya s’est généralement montré fidèle à sa politique en choisissant ceux qu’il maîtrise le mieux pour occuper les postes stratégiques. Les membres du gouverneur, malgré les modifications en une quarantaine d’années de pouvoir ont suivi cette logique maîtrisée. Sans se soucier de la popularité, à la création du Sénat, il a choisi de nommer et de faire voter majoritairement ceux qu’il maîtrisait. Cela a été également le cas lors de la mise en place des équipes qui dirigent les régions. Le nouveau vice-président du Cameroun sera de fait une figure bien connue. La surprise viendrait du fait qu’il décide comme annoncé pour ce septennat de faire confiance à la jeunesse et aux femmes. Mais alors avec quel profil comme surprise si ce n’est ceux qu’il maîtrise le mieux ?

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