Quand le smartphone s’invite partout

L’arrivée des technologies de l’information et de la communication a transformé l’Afrique en acteur à part entière du village planétaire. Mais au Cameroun, leur usage ne rime pas toujours avec progrès. Entre dérives, tribalisme, diffamation et excès de langage, la liberté d’expression dans le cyberespace se confond trop souvent avec un laisser‑aller inquiétant.
Prenons un exemple du quotidien : autrefois, dans un bus ou un taxi, le chauffeur restait seul maître à bord. Sa radio dictait l’ambiance du trajet, et chacun se laissait porter par les vibrations du véhicule ou la musique choisie. Aujourd’hui, c’est une cacophonie permanente. À gauche, un passager fait vibrer du Bikutsi à plein volume. À droite, le rap martèle ses basses. Devant, des versets coraniques s’élèvent, tandis qu’à l’arrière, un autre écoute ses notes vocales. En une heure et demie de route, les oreilles ne savent plus où se poser. Et gare à celui qui ose protester : la réponse fuse, unanime et désarmante « C’est mon téléphone, j’en fais ce que je veux ».
Alors, faut‑il y voir un simple incivisme ou le signe d’un manque criant de formation à l’usage de ces outils censés révolutionner notre quotidien ? La question mérite d’être posée. Car si le numérique doit accélérer le développement du continent, il ne peut le faire sans une prise de conscience collective. À chacun de réfléchir à sa manière d’utiliser son smartphone : pour construire, ou pour déranger.
Joseph K / NGOM
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